La guerre des nerfs avec les listes de produits importés à taxer

La guerre des nerfs est donc bien en place entre les Etats-Unis d'un côté et la Chine de l'autre, qui se rendent coup pour coup par annonce de communiqués de presse interposés, avec sa liste respective des produits qui pourraient être taxés à hauteur de 25 % à compter du 22 Mai au plus tard.

Nous sommes donc à la cours d'école élémentaire, avec l'élève à la tête de la première puissance économique au monde élu démocratiquement pour 1 voire 2 mandats maximum de 4 ans et l'élève à la tête de la seconde puissance économique au monde, élu par l'Assemblée nationale populaire pour un mandat de 5 ans renouvelable sur la base d'un seul candidat se présentant au poste, et maintenant ayant les pleins pouvoirs pour rester en place jusqu'à la fin de vie.

Le terrain de jeu étant la planète avec ses échanges mondiaux sur le plan du commerce, avec à la clef un déficit ou un excédent budgétaire commercial (le déficit commercial mensuel avec la Chine se situant sur une moyenne de 25 Mds $). Ici, l'excédent budgétaire étant pour le numéro 2, alors que le déficit budgétaire étant pour le numéro 1.

La différence se jouant sur le plan du prix de fabrication, car avec une économie globalisée ou mondialisée (c'est au choix), c'est la comparaison des coûts qui prévaut à la fabrication du produit ou du service, où le numéro 2 avec une population de plus de 1,3 milliards d'habitants (PIB par habitant de 8 200 $), contre 0,33 milliards d'habitants chez le numéro 1 (PIB par habitant de 57 500 $), et là, il n'y a pas match.

Alors que nous sommes en sortie de crise, 10 ans après l'éclatement de la crise des subprimes, et que tous les leviers ont été actionnés sur le plan de la politique monétaire, et que maintenant, 10 ans après, c'est l'inversement de tendance, voilà que la première puissance économique mondiale s'autorise à marcher dans les pas de ce qui s'est fait en début des années 30, c'est à dire un repli sur soi, en actionnant l'effet de levier des barrières douanières, afin de protéger sa création de richesse, et surtout de rééquilibrer son budget, en réduisant son déficit.

Pour cela, alors que son concurrent principal a des montagnes de devises étrangères libellées en dollar, il faut bien taxer les produits importés, afin de relancer la fabrication et donc la création de richesse à partir de ses matières premières et de ses ressources humaines.

De fait, on va réactiver le facteur inflation, que plus personne ne pensait revoir un jour, car avec un taux de chômage officiel de 4,1 % aux Etats-Unis, c'est bien la main d'oeuvre qui va commencer à se raréfier ! Et in fine, on va voir une hausse des salaires se mettre en place, alimentant automatiquement l'inflation, validant de surcroît la hausse des taux d'intérêt, et obligeant ainsi aux cours des matières premières, et notamment agricoles et énergétiques à reprendre de la hauteur après avoir été pris en otage de la Grande Récession.

Mais cela serait bien trop simple, si en face il n'y avait pas l'ogre chinois, qui s'est mis en tête de devenir le leader économique à partir de 2030, avec son grand projet de la nouvelle Route de la soie, pour alimenter sa nation en matières premières, en reliant la Chine au Proche-Orient, à l'Afrique et à l'Europe, à la fois par terre et par mer.

Le projet de la nouvelle Route de la soie (2013), pensé et voulu par le président actuel Xi Jiping, étant un projet estimé à 1 000 milliards de dollars. Alors que dans le même temps, le président actuel des Etats-Unis, Donald Trump, veut lancer le grand chantier de rénovation des grandes infrastructures du pays, un projet estimé à 1 000 milliards de dollars, pour garder sa place de première puissance économique mondiale.

Donc, à partir de ces simples éléments, on comprend un peu mieux le risque de dérapage de guerre économique avec la mise en place de barrières douanières à compter de la fin du mois de Mai 2018, pour garder cette place de numéro 1, permettant ainsi de préserver le niveau de vie de l'occident, face à la montée du niveau de vie de l'Asie, tout en continuant de vivre à crédit sur le reste de la planète, via la monnaie dollar, première monnaie pour les échanges mondiaux. 

En conclusion : chacun y va de sa liste des produits qui pourraient être taxés à hauteur de 25 % d'ici peu, pour garder la main sur sa finance, et sa prédominance au niveau du commerce mondial. Et bien sûr, les marchés réagissent au quart de tour, notamment pour tous les produits alimentaires cotés sur une place financière comme Chicago ou New York, et donc par effet de ricochet sur les autres places comme Euronext. Nous sommes bien ici dans un match, où est jugé actuellement le rapport de force, et non la prise en compte des réalités du terrain. Car la Chine peut montrer ses biceps sur le soja, mais alors qu'elle doit importer 100 Mt de soja soit un peu moins du tiers produit sur cette planète, alors que le Brésil ne pourra exporter que 70 Mt et que l'Argentine devrait être à 0 Mt, avec l'UE qui importe déjà 14 Mt, elle devra se fournir inexorablement auprès des Etats-Unis et pour un volume conséquent d'au moins 40 Mt.

Au final, les marchés comme à leurs habitudes, par le biais des robots traders, suréagissent au moindre communiqué de presse, alors que les deux grandes puissances sont là dans l'esprit "du dernier qui a parlé, qui est le plus fort", comme à l'école élémentaire ...

Analyse technique du cours du Soja UT 05 ce 04 04 18

 

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