Chute des indices boursiers sur retour de l'inflation, sans hausse des actifs tangibles

Au lendemain de la dernière réunion du FOMC de la Fed (la dernière de Janet Yellen), on assiste à un retournement de veste sur les marchés actions. Il faut dire, que le message qu'a fait passer la présidente de la Fed, était que maintenant l'inflation allait faire son retour, alors qu'il y a peu, elle se demandait encore où était passé l'inflation. D'ailleurs d'après les grands argentiers, personne n'aurait été en capacité d'expliquer cette absence d'inflation prolongée.

C'est tout le paradoxe de cette histoire que nous vivons en tant que producteur. Il y a eu les sommes d'argent colossales qui ont été déversée fin d'année 2009, début d'année 2010 pour permettre à l'économie mondiale de rebondir après la catastrophe des subprimes qui a failli emporté sur son passage l'économie de marché. Et derrière, rien, pas d'inflation.

Il faut dire, qu'un phénomène assez particulier s'est produit au printemps 2011, avec un enclenchement de la baisse de l'ensemble des cours des matières premières à l'exception du pétrole. Ce dernier craquera sur alignement des planètes, à l'été 2014 avec la baisse de l'euro, la baisse des taux et donc la chute des cours du pétrole. Il faut considérer qu'à ce moment-là, prenait fin le quantitative easing n°3 américain (QE3), et il ne pouvait en être autrement si les grands argentiers souhaitaient donner une continuation à l'argent facile (le pouvoir d'achat).

En 2016, nous avons eu El Nino qui a touché les producteurs, mais manque de chance, alors que les cours des matières premières agricoles se redressaient, le Brexit est venu cueillir tout ce beau monde, et donc pas de hausse des cours des matières premières agricoles.

Certains diront que tout cela est des plus normal, car dame nature nous aura offert 5 récoltes record sur cette belle planète agricole, et que donc les cours ne pouvaient qu'être orientés à la baisse selon l'excellente théorie de l'offre et de la demande que l'on nous apprend à l'école sur les bases de l'ancien temps, soit celui d'avant la chute du mur de Berlin en 1989. Et il paraît même, que nous sommes partis pour une 6ème récolte extraordinaire, puisque une fois de plus, il n'y aura pas eu de véritable hiver en Europe aussi bien occidentale qu'orientale.

Mais au fait, pourquoi le département américain de l'agriculture, celui publiant le fameux rapport mensuel WASDE (offre et demande) de l'USDA, censé être d'une précision irréprochable, aura dû à plusieurs reprises, été obligé de retrouver des montagnes de stocks comme au printemps 2013, rajoutant 10 Mt de maïs américain cachés apparemment sous le tapis, comme les 24 Mt de maïs chinois retrouvés au fin fond du pays à l'automne 2015, ainsi que les 8 Mt de maïs brésilien qui à l'été 2016 ont été retirés de la consommation. Cela s'étant produit à chaque fois au moment où le cours du maïs américain était prêt à repartir à la hausse.

Et pendant ce temps-là, l'inflation était aux abonnés absents. Mais suite au message de Janet Yellen de ce mercredi 31 Janvier, comme quoi l'inflation allait faire son retour, et sur la présentation des statistiques vendredi dernier, notamment sur la forte hausse des salaires aux Etats-Unis à 2,9 % sur un an, la plus forte progression depuis 2009, alors que le consensus tablait sur une hausse de 2,6 %, laisse présagée un retour de l'inflation plus rapide que prévu, faisant grimper de facto les taux d'intérêt à 10 ans.

Ce phénomène serait donc à l'origine du décrochage des marchés actions depuis fin de semaine dernière. Mais dans le même temps, alors que la volatilité fait son retour en force sur les marchés actions, étonnamment, il ne se passe rien sur les marchés des matières premières, habituellement un marché refuge. 

De notre point de vue, nous sommes à l'aube d'un changement de paradigme, et nous vous invitons à la webconférence de ce jeudi 8 Février à 18h00 pour faire le point sur le sujet. Car, cette éruption des marchés actions est tout sauf dû au hasard, et un virage est en train de s'amorcer, notamment au niveau du changement de politique monétaire. Alors, allons-nous vers 2 hausses de taux ou vers 4 hausses de taux aux Etats-Unis, et tranquillement ou rapidement ? Là est toute la question. Et, les matières premières sont maintenant en embuscade, attendant leur heure, après un cycle de 10 années de baisse.

Analyse technique du cours de l'once d'or le 6 02 18
Analyse technique du cours de l'once d'or le 6 02 18

 

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