Le marché de l'orge, cette énigme à la transparence égarée

Le marché de l'orge reste assez peu transparent, mais un équilibre semble s'être installé au niveau du prix payé au producteur. En sera t-il toujours de même avec des stocks mondiaux d'orge aussi faibles ?

Le marché de l'orge, cette énigme à la transparence égarée

Alors que le marché à terme de l'orge avait été lancé par Euronext le 10 Mai 2010, ce dernier comme par hasard, n'a pas rencontré le succès escompté et a dû être stoppé fin du mois d'Avril 2015. Depuis, l'information est très disparate et surtout très discrète. Il faut dire qu'avec seulement 4 principaux acteurs de marché au niveau du malt, il semble bien que le producteur soit écarté de ce marché qui semble fonctionner en vase clos.

C'est bien dommage, car ce marché pouvait avoir des fluctuations assez importantes au début de son fonctionnement, ce qui était plutôt plaisant pour le producteur, mais beaucoup moins pour l'industriel malteur. Il faut dire, que dans le même temps, les 4 principaux malteurs font face aux 4 principaux brasseurs mondiaux; soit un marché assez fermé.

Donc le producteur aujourd'hui, se retrouve à produire de la marchandise, et peu importe le volume produit, le prix semble être toujours à peu près le même, soit 180 € la tonne à +/- 10 €/t, en fonction de l'année pour les orges brassicoles de printemps aux normes. Et pour l'orge brassicole d'hiver, le prix moyen est bien souvent de 140 €/t à +/- 10 €/t.

Mais si le producteur a subi les affres du climat, il peut se retrouver avec sa marchandise déclassée et bien souvent être payé 20 à 30 €/t de moins.

Si l'on reprend les fondamentaux du moment, la baisse de production mondiale de l'orge, notamment du fait d'une baisse de la production d'orge en Australie, en baisse de 39 % sur un an et de 19 % sur la moyenne quinquennale, et le disponible ukrainien à l'export qui est en voie d'épuisement, avec une Chine qui est bien plus présente que prévu à l'importation, font que les cours se tiennent un peu mieux que les autres céréales.

Pourtant, le ratio stock sur consommation est à un plus bas de 10 ans, à seulement 13 %, et pour autant le prix proposé aux producteurs reste bien sage. Il faut dire que la consommation d'orge (147 Mt) qui se retrouve 5 Mt au-dessus de la production (142 Mt) n'est pas à un niveau record, du fait des produits de substitution au niveau des céréales comme le blé, dont les stocks sont importants, pénalisant donc toute possibilité de hausse des cours de l'orge. Et selon l'USDA, les stocks mondiaux d'orge seraient à un plus bas de 34 ans !

Actuellement, le prix de l'orge fourragère rendu Rouen s'affiche à 146 €/t base juillet dans un marché très calme, soit une baisse de 1 €/t sur la dernière quinzaine de l'année 2017 contre un prix de 140 €/t base juillet rendu Rouen il y a un an.

Mais ce sont les exportations en cette seconde partie de commercialisation 2017/2018 qui devraient animer le marché, surtout avec des stocks de fins tendus et des cours des céréales au plus bas, donc en risque à la hausse sur les marchés.

Toutefois, il faudra être très attentif à l'approche de la période de mi-Février, car les semis d'orge de printemps devraient être en hausse pour l'UE, notamment en Europe du Nord (Allemagne) du fait des semis d'automne qui ont été perturbés par les aléas climatiques (pluies), avec des cours d'orge qui pourraient subir la pression de la hausse des surfaces si le climat est favorable.

Par contre, un facteur d'importance fait que le cours des orges pourrait quelque peu progresser dans les jours et les semaines à venir, du fait d'une interrogation sur la qualité des orges pour les stocks restants ou à venir (hémisphère Sud), notamment en Australie, où les pluies de fin de cycle après la sécheresse ont pu venir altérer la qualité des grains. De fait, les acheteurs restent vigilants et pourraient être obligés d'augmenter leur prix d'achat afin de garantir l'approvisionnement en termes de qualité.

Conclusion : Nous sommes en présence d'un marché de l'orge qui n'est plus franchement un marché, mais pour lequel, la profession se base avant tout sur l'environnement baissier ou haussier des céréales, et ici en l'occurrence baissier. Pour notre part, nous pensons que le marché de l'orge peut se reprendre quelque peu à partir du moment où les cours des céréales viendront à quitter leur chappe de plomb respective en place depuis la mi-Juillet 2017. Nous n'en sommes plus très loin. Et nous visons donc une reprise des cours de l'ordre de 5 à 6 €/t dans un futur proche.


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